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L'Enseignement Métaphysique

de Oscar Hernandez


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« …le fleuve est partout simultanément : à sa source et à son embouchure, à la cataracte, au bac, au rapide, dans la mer, à la montagne : partout en même temps, et qu’il n’y a pas pour lui la moindre parcelle de passé ou la plus petite idée d’avenir, mais seulement le présent…rien ne fût, rien ne sera ; tout est, tout a sa vie et appartient au présent… »

Siddhartha, de Hermann Hesse.

 

 

Nous vivons une mutation technologique qui tend à détruire la spiritualité. Il devient nécessaire de réinventer les termes métaphysiques trop souvent associés aux religions dont l’interprétation anthropomorphique de l’idée de Dieu s’avère obsolète.

La science qui aimerait tant, à tort, se débarrasser de la notion transcendante d’une vérité absolue, nous fournit paradoxalement les moyens de mieux en comprendre l’essence subtile.

« Seul Brahman est
Le monde n’existe pas
Le monde est Brahman »

« Seul Brahman (Dieu, le Soi) est. Le monde n’existe pas », disait Shankara, Maître de l’Advaita Vedanta et il ajoutait « Le monde est Brahman ».

Jusqu’à présent ce genre de métaphore restait hermétique à un esprit cartésien. Parions que l’évolution récente des connaissances scientifiques notamment en physique quantique permettra de réécrire une métaphysique spirituelle plus adaptée à l’évolution de nos connaissances.

D’ores et déjà des physiciens comme Brian Green médiatisent l’idée que le temps ne se conçoit pas forcément comme on a l’habitude de le percevoir, rejoignant ainsi les allégories anciennes des textes sacrés. « Avant que je sois, je fus et je serai » pour exprimer dans la Bible le fait que la connaissance se trouve au-delà du temps. En hindouisme, on affirmera que seul ce qui est permanent, éternel, peut-être vrai, or tout autour de nous change, naît et meurt ; en conséquence le vrai est au-delà de ce que l’on voit, au-delà même du temps, vecteur de changement.

Il y a quarante-deux ans j’écrivais dans une pièce dont le titre était Urano : « Vous allez connaître un changement qui ne sera pas seulement le passage d’une génération à une autre mais une mutation d’un monde à un autre ; vos ego en seront effrayés mais vos cellules vous guideront, n’ayez pas peur. »

Dans le même temps on prêtait à André Malraux la phrase que personne n’a oubliée « Le monde de demain sera spirituel ou ne sera pas. ». Mais l’on parle là d’une spiritualité épurée, porteuse de nouveaux repères pour une société détournée de ses anciennes croyances par la globalisation.

Ne nous trompons pas, le scientifique atteint aujourd’hui une perception de l’univers quasi mystérieuse, qui n’est pas perceptible par tout un chacun. On comprend la mécanique newtonienne qui explique la vie telle que ressentie habituellement mais il est difficile au scientifique de rendre accessible ses découvertes dans l’infiniment petit de la mécanique quantique. On a tendance alors à comparer ce scientifique au sage qui, ayant atteint la connaissance ultime de l’Être se trouve dans l’incapacité de décrire sa réalisation mystique et métaphysique dans un langage de tous les jours. Or, la Connaissance ultime sublimée par toutes les religions ou philosophies orientales, du moins dans leur aspect métaphysique, se situe au-delà de la connaissance scientifique quelle qu’elle soit.

Essayons de comprendre notre situation par une métaphore empruntée à l’hindouisme.
La philosophie Sankhya nous enseigne qu’il y a une vérité absolue, éternelle sans attributs ou formes, nommée Purusha. Parce que cette vérité existe, se crée comme par magie ou sympathie la Prakriti. Elle n’est rien d’autre que le monde phénoménal dans lequel nous évoluons, de l’infiniment petit à l’infiniment grand dans toute sa multiplicité universelle.
La science par nature déterministe relève de la Prakriti, et de son système de causalité, et n’accède pas à la connaissance du Purusha, absolu, éternel, sans commencement ni fin et sans formes. Par contre, l’évolution de la science récente nous permet de mieux comprendre notre rapport mystérieux au Purusha.

« Au commencement était le Verbe. » dit l’Evangile de Saint Jean. « Le Verbe est la vibration de la théorie des cordes », répond le scientifique. Et le sage de rajouter que là n’est pas la connaissance ultime qui nécessite silence de l’ego, calme et transcendance.
Le fait que le sage tout comme le scientifique ne puissent expliquer la connaissance révélée ou atteinte, montre bien la difficulté de décrire dans un langage simple ces vérités profondes que chacun d’entre nous porte en soi et ressentira naturellement dans l’art, la musique et notamment la musique des mots.
La « poésie métaphysique » apparaît comme le langage qui exprimera le mieux, aujourd’hui, cette complexité d’Être :

 Il n’y a que l’Être
le monde est un mirage
l’Être est le monde.
 

Préface, Extrait de L'Être et le mirage, de Oscar Hernandez, Édition avril 2014.

 

 


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10/03/2020